Vendredi 25 Mai 2007

Bonjour et bienvenue à tous et à toutes ! Pour ce troisième opus de l'entretien avec Beau Young, je tenais à remercier tout particulièrement Bruno pour la mise en page qu'il gère en amont de moi. Je ne dirai qu'une chose : bonne lecture de cette troisième partie.

 

 9/ En Bretagne, nous avons connu des “jours noirs” avec le naufrage de certains bateaux ou tankers comme l’Erika ou le Prestige d’où les pollutions sur nos côtes, qu’en penses-tu ?

 Beau : C’est frustrant pour tous ceux qui un jour ont mis leurs pieds dans l’océan et qui réalisent combien l’environnement est précieux et fragile. Voir des pingouins et toute la faune et la flore couvertes de noir est un crime et une tragédie, et cela va sans dire qu’il faut une surveillance accrue par rapport à tout cela.

10/ Pour toi la France, ce sont de bons souvenirs (rappelle-toi ton titre au Biarritz surf Festival en 2000, la victoire de ton frère en 2005 et ta relation avec Romain Maurin) ?

Beau : Je suis resté avec Romain, Françoise, Dominique et Marine Maurin pendant 15 ans en France. Je suis si proche d’eux et de la France. C’est ma famille française et je les aime. Je suis extrèmement fier de ce que fait Rom, c’est un surfeur très “doux” et le seul de la planète a éxécuter parfaitement un “Drop knee turn” (comme mon père). Ce n’est pas facile d’être un bon longboardeur par rapport à la masse. Le tout est de se faire plaisir et de faire en sorte que cela soit joli à voir et de respecter la nature, comme à l’origine du surf. Romain est un de ces êtres qui peut passer des heures à regarder les vagues.

 11/ Que penses-tu des compétitions (différences entre shortboard et longboard) et pourquoi le Championnat du monde de longboard a-t-il failli être avorté ?

Beau : Moi j’ai arrêté la compétition : mon coeur n’y était plus. Ramer sur des vagues pour de l’argent n’était déjà pas mon truc ! J’ai tellement été sur les routes pour cela qu’ à la fin tu satures, et tu ne prends plus de plaisir à surfer. Je me suis fait assez d’argent pour me mettre à l’abri, et je peux re-surfer comme avant avec beaucoup de joie. Plus j’ai joué de la musique, surfé avec différents styles et participé à des compétitions, plus j’ai réalisé combien cela me pesait. Surfer est un art, une liberté, un plaisir. La compétition est une perche tendue aux jeunes talents pour une carrière pro. Mais j’ai surtout foi en la façon de vivre avec. On est plus zen et détaché.  

 12/ Si je te parle de boards rétros comme le fish, le Bonzer, le Longboard...: quelque chose à dire face à ce renouveau ?

Beau : J’observe surtout que les marques étoffent leurs gammes avec des formes éxistantes pour plaire à tout le monde. C’est comme l’arrivé du shortboard qui maintenant s’essouffle face à l’alternative de surfer comme on le sent avec la planche que l’on veut, le style que l’on veut et les vagues que l’on a. Grandir apporte le changement, et surfer différentes planches donne la liberté de s’exprimer dans l’art du surf, c’est logique. Mon père, Joel Tudor et bien d’autres ont montré qu’il y avait un cumul de styles différents depuis bien longtemps. Je n’ai jamais surfé deux jours de façon identique, et je ne veux pas rester bloqué dans un style, je veux apprendre toujours, et m’éclater en plus.

 

Suite et fin de cet entretien avec Beau la semaine prochaine en vous souhaitant un week-end fabuleux ! Ronan.

publié par Ronan, Jules, Bruno et Clem dans: longboard.dossen

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