Il y a des jours où l'on se réveille du haut de ses 8 ans en se disant que la journée va être radieuse sous les rayons lumineux d'un soleil d'été... Un destin se joue peut-être, une nouvelle quête...
24 étés de glisse, ça commence à compter dans la vie d'un homme et, parfois, un retour sur des souvenirs s'impose, non pas par nostalgie, mais pour regarder sereinement un chemin de vie parcouru.
Une histoire comme beaucoup ont vécu, une brève remontée dans le temps pour ne pas oublier.
Un proverbe africain dit d'ailleurs : "Si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d'où tu viens..."
Un matin de cette année 1983 sous un beau soleil,
je me suis réveillé tranquillement comme à l'ordinaire, profitant des vacances d'été... Petit déjeuner dans le ventre, je me prépare à aller faire les courses pour ma mère qui me charge de passer voir mon oncle qui tenait un magasin de planches à voile et de speed sails. Ma jeune expérience m'avait amené, avec une jeune étudiante américaine de passage chez ma grand-mère, à un test de planche à voile peu convaincant (c'était le début de la grande mode où tout le monde commençait à s'y mettre)... Non, ce n'était définitivement pas un truc pour moi. Je m'amusais autant à sauter dans les vagues et surtout à me jeter dedans en essayant de glisser, ce qui me valait souvent de boire la tasse, ne sachant pour ainsi dire pas nager.
Arrivé non loin de chez mon oncle, je le vis, sourire aux lèvres, qui m'accueillit chaleureusement par un "Salut p'tit..." dont lui seul a toujours le secret.
Une vie peut basculer en un seul instant et de façon irrévocable, et je pense que c'est à ce moment précis que tout a changé.
Mon oncle m'invita donc dans son magasin en me disant :
"Je voudrais te montrer un truc".
Sur le côté, il y avait une sorte de petite planche en polystirène qui ressemblait à un surf sans en être un. Il me dit de l'essayer le temps qu'une autre sorte de surf arrive au magasin.
La fierté d'un gosse de 8 ans qui débarque sur une plage avec sa planche sous le bras, c'est comme un coq qui débarque dans une basse-cour (de 2 ou 3 surfeurs à l'époque)! Premier essai : j'avais enfin trouvé le moyen de me faire porter sur la vague ! Un truc de folie pour un gosse. Après quelques temps, l'idée m'a donc pris d'essayer de me mettre debout. Après tout, ça me portait donc il fallait essayer. Résultat : 1er essai concluant, 2ème : planche cassée en deux.
Je repassais devant chez mon oncle en lui expliquant que la planche avait cassé. Tonton avait la solution, une autre board venait d'arriver, mais en plastique. Et voilà tout un été à "surfer" dans tout type de vagues entre 2 Albator et un Goldorak (non, je n'oublie pas non plus les San ku kaï et autre Spectroman que certains ont connu)...
L'année suivante était marquée par l'arrivée d'un nouveau produit qui faisait un carton depuis 5 ans en Californie et à Hawaï et qui débarquait depuis peu en France, une invention que l'on doit à Tom Morey : le bodyboard (qui est né en 1971).
L'engin ressemblait à une grosse biscotte jaune (c'était le modèle Pro series de chez Town & Country, jaune pétard sur le deck, les rails roses fluo et le skin dégradé rose à bleu).
Les premières vagues furent assez concluantes : de la portance, de la rapidité et "enfin" de la manoeuvrabilité! Seul hic, la propulsion n'était pas encore là, donc pas si facile que ça de prendre des vagues. J'avais remarqué avec attention l'image sur le blister de la board où l'on voyait un gars dans une grosse vague, mais il y avait un truc qui me chiffonnait : il avait des sortes de palmes très courtes. Passage obligatoire chez le tonton qui me dit qu'il n'avait pas ça mais que y'avait une autre solution. C'est ainsi qu'on se retrouve très vite avec une paire de palmes de type Beuchat Contact en pointure 33, pas trop de voilure mais assez longues quand même. Il fallait réduire tout cela pour faire comme le gars de la photo car il y avait une raison et dans ces cas-là, on appelle son papa pour lui demander de l'aide pour couper les palmes et en diminuer la voilure (chose qu'en tant qu'ancien plongeur, il n'aurait jamais faite, mais bon). 5 kilomètres avec un vieux biclou de course et le bodyboard sur le dos dans une housse rose fluo, ça ne me faisait pas peur, vent ou pas...
A la même époque, en Bretagne, il n'y avait rien pour ainsi dire, pas d'internet donc pas d'informations, juste cette image qui m'a servi longtemps d'affiche. Si je vous parle du Dossen, ça n'a plus rien avoir avec ce que tout le monde connaît aujourd'hui, ni même la mauvaise grève. Quelques temps après, une fabuleuse vidéo qui s'appelait "How to bodyboard" arriva par le biais d'un commercial chez mon oncle. Ô grand bonheur que de voir enfin d'autres gars (Keith Sasaki, Jay Real, Solomon...) pratiquer la chose avec une dextérité à toute épreuve !
Regarder, c'était sympa, mais à 9-10 balais, on ne comprend pas spécialement l'anglais.
C'est quelques années après que j'ai commencé à croiser les premiers bodyboarders, et que j'ai vu fleurir Bodyrider (dont Keith Sasaki était le rédac en chef), l'un des premiers mags du bodyboarder, et les spéciaux hors-série de Surf Session qui parlaient de ce nouveau sport (pour le vieux continent).
C'est l'époque aussi de ma 1ère combinaison en néoprène rigide à souhait avec du fluo dessus (c'était la mode à l'époque !) et l'arrivée des 1ères palmes Churcill jaune et bleu.
C'est à cette époque aussi que les mach 4, mach 7, et les mach 20 sont arrivés ici avec les modèles de chez Turbo (marque qui a fusionné avec Morey Boogie par la suite).
On arrive enfin en 1988 où le phénomène bodyboard a explosé littéralement. Avec la présence de plus en plus fréquente de surfs. C'était le début des sessions entre potes avec mon frère qui s'y mettait, évoluant sur mach 8TX et les premiers rides sur la vague de la balise d'Askell.
Cette période fut aussi marquée par la découverte de spots vers une presqu'île du coin où il n'y avait pas un rat, tout comme les premiers rides sur des vagues de large dans les environs de Roscoff. Fuir loin des regards et apprécier toute l'amplitude et parfois même la fureur de l'élément : se retourner pour charger des take off vertigineux et voir une vague se cabrer avec force et violence et se refermer sur le reef à nu avec un souffle et une détonation digne de la rage d'un certain dragon légendaire dont la tanière est toujours là. "Madrider" est le surnom qui ne m'a dès lors plus quitté.
Lors d'une session hivernale sur une plage appelée la mauvaise grève, un jour de gros temps, mes rêves ont volé en éclats. A mi-marée, sur une série imposante, la troisième vague, plus grosse que les autres, alors que j'exécutais un aerial,m'envoya sur le reef avec une extrême violence, fermant sur toute sa longueur. Combinaison déchirée partout, bodyboard cassé en deux net, le dos touché et la cheville coupée par la roche. La quête prenait fin...
Le médecin jouant de ses pinces et du scalpel pour enlever les éclats de granit disséminés, m'assura qu'il fallait faire autre chose comme sport, ne me laissant que peu d'espoir pour remonter sur une board.
Commentaire
c'est moins "hardcore" mais on a plus de "classe" sur un longboard!
ça depend,..., regarde madrider tout moulé dans sa combi "coco chanel", il est classe!!!
Je tiens donc à vous remercier pour vos témoignages affectueux. Et je suis touché que certains me place au rang de mythe même si je trouve inexacte que certains me déifient par affection ou par tendresse.
Et Laird ne pleures pas... Apprécies la justesse de leurs mots avec un sourire rayonnant.
C'est l'époque où tu commençais à fumer du butun drôle mon Ronan?
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c'est qui la crevette en bas avec ses mini palmes ?????
madrider.....
le mythe s'ecroule et tout le reste
gros bisous mon ronan!!!!